Romain David

Web, entrepreneuriat...Blog perso de l'un des fondateurs de Balloon


« Stay focused »

Le plus difficile quand on monte une boîte c’est l’ensemble de décisions critiques qu’il faut prendre. Il y a celles qui ne préviennent pas et qu’on subit: un coup de fil après la pause déj et une décision importante à prendre avant la fin de la journée qui se pointe. Et puis il y a celles qu’il faut savoir provoquer en tant qu’entrepreneur. Savoir décider qu’à un moment donné il faut se décider.

On a souvent l’impression qu’être entrepreneur c’est savoir faire les bons choix au moment où les problèmes se posent. Mais en réalité c’est être capable de prendre une décision fondamentale pour l’avenir de la boîte à un moment où rien n’indique qu’il y a un choix à faire. Il ne s’agit pas tellement de prendre les bonnes décisions mais surtout de trouver les vrais problèmes à traiter.

On nous a habitués très tôt à résoudre des problèmes mais moins à savoir lesquels poser.

La solution la plus simple à mon avis pour apprendre ça, c’est de rester focus. Ne jamais perdre de vue l’objectif qu’on s’est fixé et se demander en permanence si on n’est pas en train de s’en éloigner.

Même un peu.

Si, à un moment, les seuls problèmes qu’on rencontre, dans notre vie d’entrepreneur, proviennent d’éléments extérieurs, il y a de grande chance pour qu’on soit en train de dévier de notre objectif. De passer à côté de quelque chose.

Published by Romain David, on mai 14th, 2012 at 10:49 . Filled under: Conseil startup4 Comments

Paul Graham fait une erreur…

Il y a quelques jours, Paul Graham, le fondateur du très fameux Y-Combinator, a annoncé une importante nouvelle dans un article intitulé:  Apply to Y Combinator without an IdeaVoila ce que dit Paul Graham:

If the only thing holding you back from starting a startup is not having an idea for one, now nothing is holding you back. If you apply for this batch and you seem like you’d make good founders, we’ll accept you with no idea and then help you come up with one.

Dorénavant donc, le Y-Combinator accepte d’investir sur des entrepreneurs en devenir qui n’ont encore aucune idée de la startup qu’ils veulent fonder mais qui a priori ont toutes les cartes en main pour réussir. C’est une démarche qui peut sembler logique quand on pense à tous les fondateurs de startup qui ont dû pivoter ou changer radicalement d’idée au cours de leur passage au Y-Combinator.

Ce fut le cas dès la première cession de Y-combinator en 2005 par exemple lors de laquelle trois jeunes de 21 ans avaient présenté une application qui permettait de commander des repas depuis un téléphone mobile au jury. Le projet avait été rejeté mais pas les 3 co-fondateurs. Ils avaient été autorisés à intégrer le Y-Combinator à condition qu’ils trouvent une autre idée.  Après trois mois de coaching, ils lanceront Reddit

Mais la différence entre ces « no-idea entrepreneurs » et les 3 co-fondateurs de Reddit c’est que eux avaient commencé à créer une boîte! Ils avaient sûrement eu plein d’idées avant celle-ci et c’était sûrement le tout début mais ils avaient pris le risque d’en choisir une, de s’impliquer à 100% dedans et de la présenter au YC. Ils avaient eu le courage de choisir et de se lancer! N’est-ce pas la qualité la plus importante pour réussir?

Attirer des jeunes qui savent remplir un questionnaire et passer un oral mais qui ne sont pas capables de trouver une idée, même mauvaise, pour mettre en pratique leurs nombreuses qualités me semble absurde et contraire à la logique même d’entrepreneuriat.

 

Published by Romain David, on mars 26th, 2012 at 11:42 . Filled under: Conseil startup2 Comments

Un temps de retard…

Dans le magazine daté de septembre 1989 qui trainait sur la table basse du vieux chalet où j’ai passé le week-end, il y avait deux publicités. Deux publicités qui se suivaient aux pages 8 et 10 du magazine. Deux doubles-pages, deux produits révolutionnaires, deux messieurs en une et deux slogans quasi-identiques:

« Un déclic d’avance »

« Un avenir d’avance »

Deux messieurs qui étaient loin de se douter qu’une tornade allait ravager slogans, marchés, produits et clients. Que « le temps d’avance » que ces entreprises avaient effectivement acquis durant les années précédentes ne serait plus qu’un « temps de retard » quelques années après.

Il y a 23 ans, Kodak et Minitel faisaient de jolies publicités dans les magazines et revendiquaient un temps d’avance voire un avenir d’avance. Aujourd’hui, ces deux doubles-pages sont blanches…

 

Published by Romain David, on mars 5th, 2012 at 1:00 . Filled under: Conseil startup1 Comment

45 millions de VCs…

En regardant les nombreux candidats aux présidentielles parler, réciter et parfois débattre à la télé en ce moment, je me suis dit qu’investir dans une startup, ça devait être un peu pareil que voter pour un candidat aux élections présidentielles.

Le business plan

Même si il y a de très bons sites pour comparer les programmes politiques, honnêtement les prévisions à 5 ans, le détail de toutes les mesures, on s’en fout… On sait très bien que de toute façon, cela ne se passera pas comme prévu. C’est important que  quelque chose de plutôt crédible soit écrit quelque part mais ce n’est pas ça qui fera la différence!

L’équipe

La personnalité du candidat, son expérience, sa manière de présenter ses idées, sa capacité à s’entourer, tout est intéressant! C’est sur lui qu’on mise tout finalement et même si son programme n’est pas encore parfait, s’il est à la hauteur il saura gérer les différents problèmes.

La vision

Après tout c’est ça qui est important, la vision du candidat. « L’idée qu’il a de la France » comme dirait le vieux…Où va-t-il nous emmener?

Finalement, la seule différence entre une levée de fonds et une élection c’est la valo. Aux élections, on a tous une voix, une seule…

 

Published by Romain David, on février 28th, 2012 at 12:21 . Filled under: Conseil startup2 Comments

L’île de la tentation…

Quand on crée sa boîte, il me semble fondamental d’être à l’écoute de ses premiers clients dès les premiers jours de développement. Être capable de construire un prototype rapidement afin de le confronter aux réalités du marché est, à mon avis, l’une des clés du succès. Cela permet de ne pas partir dans la mauvaise direction et de bien saisir les besoins de ses clients.  Au fur et à mesure, la valeur créée par le produit se précise et on comprend de mieux en mieux ce que les clients achètent dans le produit et donc ce qu’ils attendent de nous.

Mais à mesure qu’on avance, la vision qu’on a de son produit se clarifie aussi. On trouve peu à peu la direction que l’on veut donner à sa boîte et la roadmap devient presque évidente. C’est d’ailleurs super important de  rapidement entrevoir une vision qui va permettre à toute l’équipe de se dépasser et à votre produit d’évoluer en respectant une cohérence globale.

Le problème c’est que ponctuellement les demandes/besoins de certains clients peuvent dévier de votre vision. Vous vous retrouvez donc devant des gens souvent bien intentionnés qui vous donnent de nouvelles idées, vous incitent à résoudre un nouveau problème: « bien sûr, c’est différent de ce qu’on fait mais pas tant que ça finalement et puis ils sont prêts à payer, c’est important de faire rentrer du cash… ».   Vous vous retrouvez alors sur l’île de la tentation en face d’un ou plusieurs clients plutôt convaincants, vous laissant entrevoir des horizons splendides, des couchers de soleil magnifiques et des Mojitos sur le sable. Et en plus, ils vous payent pour ça!!

Si on craque une fois, on s’engage à mon avis sur un terrain super glissant… On écoute untel, puis un autre, on encaisse un peu d’argent facile, on entre dans une zone de confort et sans s’en rendre vraiment compte on se réveille un jour en réalisant que le produit dont avait rêvé est très loin et que la belle startup qu’on voulait bâtir est en train de devenir une agence de comm ou de dév: enchaîner des projets pour des clients en manque d’opérations pseudo-innovantes.

Chase the vision, not the money, the money will end up following you

Tony Hsieh, fondateur de Zappos

Trouver le bon équilibre entre le feedback de ses clients et la vision qu’on veut réaliser est une chose très difficile. Rester concentré sur un objectif précis, une vision partagée par toute l’équipe permet d’écarter un certain nombre d’idées qui peuvent coûter cher à long-terme même si elles rapportent quelques euros à la fin du mois…

Published by Romain David, on février 21st, 2012 at 11:49 . Filled under: Conseil startup2 Comments